Côte d’Ivoire : L’impact de la Covid-19 sur les personnes en situation de handicap (Contribution)

Depuis le 11 mars 2020, date de l’apparition du premier cas détecté positif à la Covid-19 en Côte d’Ivoire, le Comité National de Sécurité (CNS) a pris toutes les dispositions utiles pour informer et sensibiliser la population à l’application des mesures barrières. Nous avons eu droit à deux interventions de Son Excellence Monsieur le Président de la République pour rassurer et accompagner le peuple dans cette guerre contre la maladie à Coronavirus. Tous les moyens de communication ont été mis à disposition pour informer.  

Si nous relevons toutes ses bonnes pratiques pour remercier et féliciter l’autorité, nous sommes cependant obligés de ressortir certaines situations qui mériteraient d’être prises en compte. Car, comme nous le savons, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous sommes conscients que la perfection n’est pas de ce monde.

De manière générale, le système de communication une fois encore n’a pas permis à la plupart des personnes en situation de handicap auditif d’avoir accès à l’information vraie. En effet, même si à la RTI dans ses retransmissions des conférences de presse s’offre les services d’un interprète, aucune plage n’est réservée à la présentation de production de sensibilisation adressé spécialement à cette frange de la population. Il nous a été donné de regarder des messages de sensibilisation produite par l’UNICEF qui n’étaient pas signés. Nous avions espéré qu’un de nos enfants aurait choisi pour passer le message à ses amis. Hélas nos attentes ont été vaines. Pire, ils sont nombreux ses enfants qui n’ayant pas été à l’école, ne comprennent pas les messages signés.

Fort heureusement, les réseaux sociaux faciles d’accès, ont permis aux responsables d’organisations de personnes sourdes dès les premières apparitions de la crise de créer des groupes de sensibilisation. Finalement les canaux de communications où pullulent des informations dites erronés sont ceux qui desservent nos enfants.

Vous comprenez aisément que la plus part d’entre eux sont les plus exposés à la contamination du fait de l’ignorance ou de la mauvaise information.

Il faut relever que le niveau d’analphabétisme étant très élevé, ils sont réduis à faire des travaux manuels et exercer principalement dans le milieu informel. Par conséquent, cette période de confinement a accentué la situation de précarité dans laquelle ils se trouvent. Ils sont nombreux ceux qui souffrent le martyr. Surtout que la distribution des denrées obéit à une logique pas toujours accessible pour eux.

Nos enfants handicapés sensorielle de la vue, vivent doublement l’isolation du fait de la règle de la distanciation. Cela s’explique par le fait qu’ils sont beaucoup souvent dépendants d’un guide pour effectuer les différentes courses.  Comment peuvent-ils savoir si celui qui les aide à traverser n’est pas atteint de la COVID 19. Il arrive par moment que personne ne veulent les aider traverser puisque prudence oblige. Il en va de même pour les personnes en fauteuil roulant. Cette situation fait qu’ils ont isolés et incapable de vaquer à leurs occupations journalières. Ajouter à cela, il faut savoir que les personnes handicapées sensorielles visuelles communiquent avec leur entourage plus par le touché. Cet état de fait qu’ils sont doublement exposés.

Ajouté à cela la difficulté financière provoqué par cette pandémie.

Il nous a été donné de visiter nos mamans des enfants trisomique d’un centre dont nous vous faisons l’économie du nom. Leur témoignage mérite d’être su par tous. De quoi s’agit-il exactement ? Il s’agit d’un centre dans lequel sont regroupés des enfants en situation de handicap intellectuel, des Infirmes Cérébraux Mentales (IMC), des trisomiques 21… pour ne citer que ceux-là. Il se trouve qu’elle ne bénéficie pas de subvention de l’Etat relativement à la prise en charge médicale de leurs enfants qui ont traitement très couteux. Ces mères pour la plus part seules avec leur enfants regroupées en association réussissaient à mobiliser des médicaments auprès des personnes de bonne volonté et des pharmacies de la place qui leur livraient les produits prêts à tirer leur révérence.

En la faveur de cette pandémie, puisque toutes les activités sont au ralenti voir même à l’arrêt, cette chaine de solidarité s’est rompue. Laissant ainsi des parents dans le désarroi de voir leurs enfants dont les crises se succèdent à fréquences très rapprochées.

Malheureusement, elles sont nombreuses ses mères seules dont le revenu est le fruit de leurs activités journalières. Nous mesurons à sa juste valeur la situation dramatique que vit cette frange de la population.

Quel que soit le type de handicap, le confinement a favorisé la recrudescence des violences basées sur le genre. Beaucoup de brimades, beaucoup de viols…Nous avons échos de plusieurs cas de VGB qui passent malheureusement sous silence puisque jusqu’à présent les vrais victimes sont sans voix et sont soumis aux dictats des parents qui se font passer pour les victimes. En effet, ce sont eux qui s’arrangent à l’amiable avec les bourreaux moyennant de l’argent.

Fort heureusement, nous organisons des actions de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive à l’endroit des parents et leurs enfants.

En définitive nous pouvons dire que la COVID 19 a eu ceci de positif qu’elle nous invite à la pratique des règles d’hygiène qui nous protègent nous-même de tout danger. Cela se voit avec le lavage des mains, le port de cache-nez pour nous éviter des problèmes respiratoire.

En plus cette pandémie a développé d’autres moyens de communication et de travail. Elle nous aura permis de jauger notre système de protection sanitaire et de solidarité.

Toutefois, nous disons que même si les des efforts sont à saluer, force est de reconnaître du côté des personnes en situation de handicap nous pensons que beaucoup de choses auraient dû être faits.

Dans le domaine de la communication, de la sensibilisation, de la distribution des kits alimentaires, des cache-nez sans oublier la prise en charge médicale. Car, ne l’oublions pas nous sommes face à une pandémie sanitaire et non face à une pandémie alimentaire. En supposant que c’en était un, qu’est-ce qu’un kit composé d’un sac de riz de cinq kilo, d’un bidon d’huile d’un litre, d’un sachet de sel peut faire pour cette crise qui dure déjà prêt de cinq mois ? Voilà pourquoi, nous nous mettons à disposition pour participer à la réflexion.

Camille Tano Kouassi (Président de l’ONPHACI)

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